PRussellJ’aime beaucoup Peter Russell. Attention, il y en a plusieurs. Celui-ci fait partie de cette “congrégation” d’Américains pratiquant la pleine conscience et une philosophie qu’avant on disait “new âge”.

Dans sa dernière vidéo (ci-dessous), comme nombre de ses penseurs, il évoque l’état de la planète. Mais d’une manière inusitée pour moi, et qui me parle beaucoup. Pas de jérémiades, pas plus que de certitudes que l’amour sauvera tout, pas d’appel à cultiver son jardin. Rien de tout cela, et beaucoup plus. Je vais en dire quelques mots pour les non anglophones.

Russell commence par un principe de vérité: oui, notre espèce est probablement pas très loin de la fin. Pourtant, il serait erroné de s’en blâmer. Tout a commencé il y a si longtemps, avec le premier outil. Et à ce moment là, l’humain ne pouvait prédire comment, d’un outil à l’autre, il en arriverait à “ça”. A quel moment aurions-nous dû arrêter ? Pas évident. Et au fait, toutes choses ne sont-elles pas destinées à disparaître, les espèces aussi ? Je vois que je vais faire hérisser quelques poils…

Russell remarque aussi que dans le même temps, cette espèce a fait l’incroyable. Un chemin énorme pour ce qui touche à la pensée, à l’intelligence, à la création, à la spiritualité, à la capacité de s’émouvoir, de s’émerveiller, d’aimer… Peut-être déjà faut-il honorer tout cela et admettre que c’est magnifique, en quelques millénaires…

Et puis, Russell nous invite à penser à la mort, cette certitude qui nous accompagne depuis notre naissance, et dont nous refusons la réalité. Certes nous savons quelque part que nous mourrons, mais avons-nous intégré cette réalité? Vivons-nous réellement comme si nous pouvions mourir demain, ou dans cinq minutes? Que non, à quelques rares exceptions près. Et Russell d’évoquer ces êtres qui ont connu la mort de très près, la leur ou celle d’un-e proche, et de remarquer qu’on peut observer comme certaines de ces personnes ont atteint un nouvel état, un nouveau regard sur la vie, comme si la rencontre de la mort les avait éveillées.

Voilà donc la conclusion du sage. Est-ce qu’une espèce ne pourrait pas se vivre comme un être vivant? Est-ce que, assumant la fin de notre évolution, nous ne pourrions pas réaliser en même temps le miraculeux qu’a contenu cette espèce et, dans cette compréhension, nous réveiller, nous “éveiller” ?